Sécurité numérique

C’est en 1989 à Genève, et plus précisément au CERN, que l’internet a été imaginé, construit et développé. Près de 25 ans plus tard, des plus jeunes enfants aux personnes âgées, toutes les citoyennes et citoyens de Genève ont un accès facilité à l’internet, au travers de leurs téléphones portables, de leurs tablettes, de leurs ordinateurs ou encore de leurs télévisions.

La révolution numérique a démocratisé l’accès au savoir, a démultiplié la vitesse de circulation de l’information et a effacé la notion de distance entre les continents. Songeons que le réseau social Facebook réunit à lui seul plus d’un milliard d’êtres humains sur une seule plateforme. Cette dématérialisation des modes de savoir, de l’accès aux informations et de la communication a totalement remis en cause la notion de sphère privée.

J’estime qu’il y a aujourd’hui beaucoup de naïveté et un manque de prudence de la part des utilisateurs d’internet, qui mettent à disposition nombre d’informations sensibles qui constituent une aubaine pour des gens mal intentionnés, mais également des décideurs politiques qui n’ont pas encore pris la mesure des risques que nous encourrons. Chaque jour, des cartes bancaires sont piratées, des identités sont usurpées et des entreprises sont attaquées, via internet.

Les États eux-mêmes ont compris l’intérêt géopolitique et économique d’internet, et se livrent déjà à une cyber guerre sans merci. Les Etats-Unis ont ainsi ralenti le programme nucléaire iranien au moyen d’un virus, tandis que la Chine lançait des attaques informatiques sur de grandes entreprises américaines. Aujourd’hui, ce sont des pans entiers de l’économie mondiale qui reposent sur internet.

La sécurité numérique sera l’un des grands enjeux au XXIème siècle

Pour moi, la sécurité numérique sera l’un des grands enjeux au XXIème siècle, tant du point de vue économique et géopolitique, que de la sécurité individuelle et des droits fondamentaux. Afin de protéger les citoyennes et les citoyens, l’Etat doit pouvoir, conjointement avec le Ministère public, enquêter, arrêter et juger des criminels qui s’appuient sur les nouvelles possibilités qu’offre internet pour commettre des délits.

Je veux que toutes les citoyennes et tous les citoyens conservent un niveau de confiance élevé dans ce formidable outil qu’est l’internet, lequel aura un poids capital dans la prospérité de notre pays dans les années à venir. L’Etat doit donc prendre toutes les mesures pour garantir la neutralité du réseau et favoriser le droit à l’oubli sur internet. L’utilisation des données personnelles ne doit être possible qu’avec le consentement de celles et ceux à qui elles appartiennent.

C’est aux pouvoirs publics de garantir les conditions-cadre

C’est aux pouvoirs publics de garantir les conditions-cadre de cette confiance, en adaptant le dispositif législatif aux réalités du monde numérique dans lequel nous vivons, et en mettant à disposition des polices et de l’armée les moyens nécessaires pour combattre ces nouveaux criminels. Sans basculer dans une course à l’armement numérique, je suis favorable au renforcement en hommes et en moyens des unités luttant contre la criminalité informatique, que ce soit au niveau cantonal comme au niveau fédéral.

A l’instar des forces armées aériennes, terrestres ou navales qui gardent nos frontières, la dématérialisation des attaques au travers du réseau et la menace qu’elles constituent appelle la création d’une force de réponse numérique. Car l’on arrêtera jamais une cyberattaque avec un char d’assaut ou un avion de combat.