Planification pénitentiaire

La force de la chaîne sécuritaire – qui se compose principalement de la police, de la justice et des prisons – se mesure à l’aune de son maillon le plus faible.

A Genève, depuis de nombreuses années, la situation carcérale a souvent été pointée du doigt en raison de la surpopulation chronique des différents établissements, la prison de Champ-Dollon en détenant la triste palme.

Etat des lieux du domaine pénitentiaire à Genève

Dès mon arrivée à la tête du Département de la sécurité, j’ai entrepris de mener un état des lieux du domaine pénitentiaire à Genève. Il m’est très vite apparu que notre canton, dont la population a crû de manière importante au cours des 30 dernières années (plus de 120’000 habitants supplémentaires en moins de 40 ans), n’a pas su adapter sa structure carcérale en conséquence. Construit en 1977, Champ-Dollon, l’établissement-phare du dispositif de détention genevois, est très largement insuffisant pour accueillir l’ensemble des détenus que compte le canton.

Nouvelle planification de la détention

Dès les premiers mois de mon mandat de conseiller d’Etat, j’ai ainsi travaillé, avec le soutien des hommes et des femmes de l’Office cantonal de la détention, a mettre sur pied une nouvelle planification de la détention, qui pose des jalons précis dans un court, moyen et long terme.

Le nombre de places de détention pénale sera ainsi pratiquement doublé, passant de 561 à l’heure actuelle à 1019 en 2017. Le nombre de places de détention administrative passera, lui, de 20 à fin 2012 à 168 en 2017, puis à 218 en 2021.

Cette planification, pleinement soutenue par le Conseil d’Etat, dotera le canton de Genève de structures en adéquation avec la croissance de la population prévue dans les prochaines années, mais tenant également compte de son évolution sociologique. Il est en effet notoire que le niveau de violence et de criminalité est plus élevé aujourd’hui qu’il y a 30 ans, et ce partout en Europe.

Construire des nouveaux bâtiments, de nouvelles prisons, ne peut se faire qu’en engageant le personnel adéquat et, surtout, en nombre suffisant. Il en va de dignité des conditions de détention, mais aussi de la sécurité des conditions de travail des gardiens. Ainsi, dès 2013, 65 nouveaux gardiens doivent être engagés.

Cette planification vise non seulement à donner les moyens à la justice de faire respecter les peines prononcées, à crédibiliser le travail de la police (qui ne doit pas voir des délinquants multirécidivistes qu’elle arrête remis sur le trottoir faute de place en prison), mais doit également assurer des conditions de détention humaines, dans le respect de la tradition genevoise en matière de droits de l’Homme.