Ma vision

Vous trouverez tous les détails de ma vision pour ces thèmes dans le livre « Une certaine idée de Genève ».

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  • ECOLE
    Renforcer l’école de la République
    L’école publique, gratuite et obligatoire est le creuset de la République. C’est en elle que se forge le principe fondamental du droit de chacun à une instruction et de l’égalité des chances. Un principe qu’il ne s’agit pas de confondre avec le droit à un diplôme pour tous: l’école doit cultiver le goût de l’effort, valoriser le travail et conduire chaque élève à s’élever par le savoir et les compétences qu’il acquiert grâce à son travail, sous la conduite à la fois bienveillante et ferme d’un « maître ».
  • ENVIRONNEMENT
    Réduire la dette climatique
    J’ai toujours été un adversaire de l’énergie nucléaire, pour les mêmes raisons qui me font m’opposer aux déficits publics: on ne peut fonder son confort d’aujourd’hui sur les contraintes que l’on impose aux générations futures. On ne peut fonder son confort sur une énergie qui produit des déchets dont la demi-vie atteint des milliers d’années et dont le trafic intéresse toutes sortes de mafias. On ne peut fonder son confort sur une énergie dont les risques, certes rares, mais gigantesques s’ils surviennent, ne peuvent être assumés par personne.
    Si les centrales nucléaires devaient payer des assurances responsabilité civile pour le montant réel du risque qu’elles font courir au monde, le courant qu’elles produisent serait plus cher que le courant solaire ou éolien. Autrement dit: invendable. L’économie de marché, si elle n’avait pas été tronquée par des lois aberrantes (limitation de la couverture d’assurance des centrales nucléaires à 330 millions de francs pour un assureur privé et 1 milliard auprès de la Confédération), n’aurait laissé aucune chance au nucléaire.
  • LAÏCITE
    Préserver la paix religieuse
    La paix confessionnelle, conquête lente et laborieuse du 19e siècle à Genève, avec le soutien d’ailleurs, lors de la votation populaire de juin 1907 supprimant le budget des cultes, de membres éminents des différentes confessions concernées, est un atout essentiel pour une société plurielle comme Genève. La multiplication d’idéologies violentes et excluantes dans notre continent et dans le reste du monde au cours des deux dernières décennies (tant l’islamisme radical que le renouveau des théories nazies, dont l’actualité nous atteste, malheureusement, la montée symétrique nous oblige à nous montrer très attentifs aux risques que celles-ci peuvent faire courir à nos sociétés libérales.
  • LOGEMENT
    Affronter la pénurie de logements
    La pénurie de logements qui frappe le Canton depuis deux décennies ne se résoudra pas avec des promesses incantatoires, ni en vouant aux gémonies les
    entreprises qui, en générant de l’emploi et de la croissance, ont attiré à Genève des dizaines de milliers d’habitants supplémentaires.
    La pénurie actuelle provient également d’autres facteurs, qui doivent être abordés par le Conseil d’Etat avec fermeté:
    – les réticences de certaines communes à participer à l’effort indispensable en matière de logements;
    – l’attitude paradoxale d’une partie de la population qui, globalement, souhaite la construction de logements dans le Canton, mais s’y oppose lorsqu’il s’agit de les bâtir dans leur propre commune;
    – la législation genevoise censée protéger les locataires, mais ne servant au final qu’à dissuader les investisseurs de s’engager dans des projets de construction d’immeubles locatifs, législation qui aggrave donc la pénurie;

    Définir une vraie politique de la ville
    Une politique de la ville, ce n’est pas la création d’un « machin » de plus servant à alimenter des doublons. Une politique de la ville, ce n’est pas le constat d’inégalités sociales permettant de justifier l’augmentation de dépenses sociales dans certains quartiers. Définir une politique de la ville, c’est décider quel type de ville doit être celle de demain: une ville multipolaire (comme j’y aspire), ou une ville monocentrée (comme aujourd’hui) ? Une ville où chaque quartier se spécialise dans une activité (le logement ici, les bureaux là, l’industrie ailleurs, l’administration plus loin, les commerces dans la périphérie) ou une ville, que j’appelle de mes voeux, où s’organise une véritable mixité des activités et des modes de vie ? Une ville où l’habitat organise une ségrégation économique entre riches et pauvres, comme dans les villes anglo-saxonnes31, ou une ville véritablement républicaine, où l’on apprend à connaître, à comprendre et à apprécier les différences, et où l’on cultive le sentiment d’appartenance à une véritable communauté de destins ? C’est ce type de réflexion que je souhaite mener pour Genève au Conseil d’Etat, impliquant les politiques d’aménagement, de construction et de transport.

  • POLITIQUE FISCALE ET FINANCIÈRE
    Renégocier la péréquation intercantonale
    Nous devons prendre du champ et nous rendre compte du fait que nous sommes souvent, sur le plan budgétaire, victimes de politiques conduites au plan fédéral. A commencer par le système de la péréquation intercantonale.
    Le Conseil d’Etat doit être renforcé pour parvenir à mieux faire entendre la voix de notre Canton auprès des autorités fédérales. Je plaide ainsi pour une
    plus grande fermeté, en rappelant que dans le budget 2012, la Confédération est seule responsable d’une aggravation de nos résultats à raison de 84 millions de dépenses supplémentaires (32 millions de hausse pour la péréquation intercantonale, 24 millions pour la nouvelle loi sur le financement hospitalier, 28
    millions de transfert de charges liées à la 4e révision de la loi sur l’assurance chômage), et 58 millions de réduction des recettes liées à la baisse du bénéfice de la Banque nationale suisse reversée aux cantons.

    Maîtriser les dépenses
    La maîtrise des dépenses dépend principalement de deux critères: l’adéquation entre les prestations et les besoins – qui exige de remettre en question régulièrement les lois, règlements et la structure même des services – et l’évolution des effectifs de la fonction publique. Dans le passé, presque à chaque fois que les finances du Canton ont été en difficulté, on a dû s’en prendre aux mécanismes salariaux des fonctionnaires, solution de facilité et de paresse, injuste qui plus est, parce que durant les périodes de vaches grasses on avait éludé ces deux impératifs de maîtrise des charges. J’estime que le Conseil d’Etat doit envisager sérieusement, avec les organisations représentatives du personnel, toutes les options possibles, en particulier l’augmentation de la durée hebdomadaire de travail de 40 à 42 heures. Les fonctionnaires y gagneraient tant sur le plan de leur rémunération que sur le plan de la sécurité de leur caisse de retraite. Et l’Etat y gagnerait en ralentissant ainsi la progression des effectifs de chaque service.

    Faire évoluer les recettes
    Sur le plan des recettes, nous devons impérativement veiller à conserver des conditions attrayantes pour les entreprises qui engagent du personnel fortement
    rémunéré. Il suffit, pour mesurer les risques d’une politique défavorable à l’emploi, d’observer l’impact que peut avoir la fermeture d’une seule multinationale qui souhaite regrouper ses activités dans un autre pays ou un autre continent: le scénario rêvé à la fois par la gauche antimondialiste et par les adversaires de la libre-circulation des personnes. L’exemple de Merck Serono est évocateur: 1’250 emplois détruits, probablement 200 millions de masse salariale en fumée, et sans doute plus de 50 millions de perte fiscale. Le cauchemar, en réalité, pour des centaines de personnes et leurs familles, ainsi que pour toutes les entreprises fournisseurs ou sous-traitants de cette multinationale.

    Taxer la richesse, oui. La combattre, non.
    On ne renforce pas les recettes de l’Etat en combattant la richesse, à la sauce de la gauche française. On renforce les recettes de l’Etat en créant de la richesse, d’abord. Car on ne peut partager que ce que l’on a créé. C’est l’occasion de rappeler à tous ceux qui prônent la fermeture des frontières que l’accord sur la libre-circulation des personnes, en permettant aux entreprises de recruter enfin sans contrainte aberrante (les contingents) le personnel dont elles avaient besoin, a fait bondir le PIB cantonal de 33.5 milliards de francs en 2003, à 44 milliards en 2011, soit une augmentation spectaculaire de 32% en 7 ans! De la même manière, il est impératif de conserver une législation sur le travail suffisamment souple pour que l’employeur qui veut engager quelqu’un n’en soit pas dissuadé parce que la loi l’empêcherait ensuite de le licencier.
    Nous devons aussi nous demander si les conditions que nous offrons aujourd’hui aux petites entreprises qui souhaitent se développer à Genève et dans l’Arc lémanique – et qui seront peut-être les multinationales de demain – sont suffisamment stimulantes.

    Renégocier le calcul de l’impôt fédéral direct
    Sur le plan fédéral, je plaide pour que notre Canton se coordonne avec Vaud, Zurich et Bâle notamment pour obtenir une correction du mode de calcul de
    l’impôt fédéral direct, en prévision de la prochaine échéance du régime financier fédéral (2020). L’une des possibilités serait d’exiger des barèmes différents selon les cantons, tenant compte de la différence du coût de la vie dans chacun de ceux-ci. Comme je l’ai dit ailleurs, une famille de 4 personnes, à Genève, vivant avec un revenu annuel brut de 150’000 francs, doit affronter des réalités économiques (niveau de loyer, primes d’assurance maladie, etc.) fort différentes que si elle vivait avec les mêmes revenus à Uri, par exemple. Imposer ces deux familles au même taux est certes respectueux du principe d’égalité, mais pas de celui d’équité.
    Une autre possibilité serait de revoir à la hausse la part de l’IFD revenant au Canton (qui est aujourd’hui de 17%).
    Enfin, une troisième possibilité serait de proposer au plan fédéral une initiative similaire à l’initiative 111 votée en 1999 par le peuple à Genève: une réduction de 12% de l’impôt fédéral direct pour chaque foyer contribuable.

    Conserver les contribuables dans le Canton en construisant
    Outre la création de richesse, l’Etat doit aussi veiller à conserver sur son territoire suffisamment de contribuables. Ce qui replace au coeur du débat la question de la construction de logements, et j’y reviendrai plus loin. Le déficit en la matière a poussé des milliers de travailleurs genevois à trouver asile en France voisine (ceux-là continuent certes de payer leurs impôts à Genève), mais plus encore dans le Canton de Vaud voisin. En refusant la construction de logements sur son territoire, Genève se prive ainsi de ressources essentielles qui profitent, du coup, à ses voisins. Sans parler du temps que ces pendulaires doivent sacrifier chaque jour sur les routes ou dans des trains bondés. Sans parler non plus de l’impact désastreux de cette évolution sur la qualité de l’air, sur l’encombrement des infrastructures de transport, et sur le budget de ces familles. Sans parler enfin du fait paradoxal que ceux qui s’installent en France voisine continuent (heureusement) à payer leurs impôts et à voter à Genève, mais pas ceux qui choisissent de s’installer dans le Canton de Vaud.

  • POLITIQUE SOCIALE
    Développer un réseau de crèches viable
    Les parents qui exercent une activité lucrative et qui espèrent que leur enfant puisse bénéficier d’un suivi de qualité, ont droit à mieux qu’à des promesses que personne ne tiendra jamais. La Cour des Comptes, anticipant le vote de l’initiative 143 le 17 juin prochain, a fourni un excellent travail permettant d’identifier de sérieuses lacunes dans le dispositif actuel, lacunes qui conduisent à une dilapidation des ressources, à des disparités injustifiables d’une commune à l’autre en termes de places disponibles, mais aussi en termes de qualification et de rémunération du personnel, voire à une sous-exploitation des places existantes selon les lieux. Le rapport fournit aussi de précieuses recommandations, qui devraient être aujourd’hui au coeur des préoccupations de celles et ceux qui ambitionnent d’améliorer l’offre et le service, mais qui curieusement n’ont fait l’objet d’aucun suivi ni au plan des communes, ni au plan des autorités cantonales.

    Affronter les défis du vieillissement
    Les défis liés au vieillissement de la population ne se bornent pas au financement des caisses de retraites. Ils offrent également, avec les besoins croissants d’encadrement et de santé que ce vieillissement génère, un formidable gisement d’emplois pour l’avenir
    Cinq générations dans une ville, cela impose aussi de trouver de nouveaux modes d’habitat, plus flexibles, des dispositifs intelligents permettant à l’octogénaire de céder son 6 pièces pour un 2,5 pièces en étant assuré de payer un loyer inférieur. A l’étudiant de loger dans un studio modulable en 2 ou 3 pièces avec les studios voisins, selon les besoins qui évoluent parce que la vie réserve des surprises. A la centenaire, qui peut encore se passer de l’EMS, mais pour qui l’autonomie complète n’est plus envisageable, un appartement dans un immeuble mixte, avec encadrement médical léger.
    Toute une vie à réinventer. Pour que chacun trouve une place digne dans notre société.

  • REFORME DE L’ETAT
    Repenser nos institutions
    Il appartient au Conseil d’Etat de conduire les réformes que l’Assemblée constituante n’a pas pu ou pas voulu mener.
    A commencer par la réforme de la fiscalité communale, assortie d’une refonte de la péréquation et une nouvelle répartition des tâches, excluant les doublons.

    Rythmer la réduction de la dette financière et climatique
    Je me réclame d’un courant de pensée, celui de Denis de Rougemont, qui estime que l’on ne doit pas vivre aux dépens des générations futures. Or à Genève,
    chaque enfant qui naît reçoit déjà en héritage une dette de près de 30’000 francs de son Canton, à laquelle il faut ajouter celle de sa commune et les engagements de l’Etat à l’égard des caisses de retraites (6,3 milliards de francs de sous-couverture, voire 8 milliards en 2013 en raison de l’abaissement du taux techniques des actuaires conseils). En valeur absolue, c’est bien plus que la dette par habitant en Grèce, même si à l’inverse le PIB genevois par habitant reste nettement supérieur.
    Afin de parvenir au plafond souhaité par l’Assemblée constituante, il faut se contraindre à un rythme de réduction de la dette qui tienne compte des besoins
    cycliques. La seule échéance raisonnable pour réduire notre endettement à un niveau supportable20 est une trentaine d’années, à raison de 10% tous les 5 ans
    – c’est la durée d’une législature selon le projet de nouvelle Constitution. Et à mon sens, ce rythme devrait prendre rang constitutionnel.

    Assainir les caisses de retraite des fonctionnaires
    Donner le rythme ne suffit pas encore à faire une danse: il faut définir les pas. Autrement dit: décider des moyens à mettre en oeuvre pour réduire simultanément ces deux dettes. Et parmi les questions auxquelles le Gouvernement actuel est confronté, à très court terme, il y a notamment celle de savoir comment éviter que le Canton ne plonge durablement dans les déficits tout en maintenant une offre de prestations de qualité. Et comment résoudre les enjeux essentiels de la sous-couverture des caisses de pension publiques. Les deux problématiques sont liées, car on ne peut simplement imaginer réduire les effectifs ou les salaires de la fonction publique, même dans une réflexion absolument virtuelle qui ne tiendrait pas compte des besoins observés sur le terrain, sans que cela aggrave encore la sous-couverture des caisses de pension CIA et CEH, qui à ce jour comptent à elles deux 42’800 salariés cotisants, et 21’200 pensionnés (soit un ratio d’à peine 2 actifs pour 1 pensionné).