police

La criminalité se joue des frontières. Les cantons aussi !

Sur la route du Valais pour aller rencontrer mon homologue cantonal chargé de la sécurité et avant d’aller discuter, ce soir à Nyon, de la sécurité du «  Grand Genève », je relève une fois encore l’absolue nécessité de gérer la lutte contre la criminalité au niveau intercantonal.

Que cela soit dans le domaine de la police où, seuls, les cantons ne parviendront pas à faire face aux défis qui les attendent en termes de recrutement, ou dans le domaine de la détention, qui ne sortira de la crise qu’il connaît qu’en développant une stratégie nationale, la collaboration intercantonale est tout simplement vitale.

Face à une criminalité en constante évolution, la création d’un registre national des armes, d’un fichier centralisé des détenus, ou encore le développement de pôles de compétences policiers sont indispensables. Le fédéralisme ne doit pas être un obstacle à notre sécurité, mais nous aider à fédérer nos forces.

Cette réalité est d’autant plus vive en Suisse romande, où la région lémanique, de par son attractivité, constitue la porte d’entrée d’une importante criminalité « importée ». A nous, cantons romands, de l’empêcher de se propager plus loin et de « tenir » le terrain, en évitant de disperser les forces

Dans ce contexte, je ne peux que relever l’excellent esprit de coopération partagé par l’ensemble de mes collègues romands et en particulier de mon homologue vaudoise, et ce malgré les difficultés inhérentes à l’organisation des forces de sécurité dans les cantons respectifs.

De ce point de vue, je fonde beaucoup d’espoir dans la capacité des cantons romands de développer ensemble, à brève échéance, une véritable formation commune en matière de police. Là aussi, il s’agira d’innover pour gagner en efficacité et en crédibilité face à une criminalité qui a changé d’échelle et qui nécessite d’urgence de nouveaux effectifs en masse.

Les cantons constituent chacun un maillon essentiel de la chaine de sécurité. A nous, gouvernements cantonaux, de travailler sans relâche à renforcer la solidité de cette chaîne, qui se mesure plus que jamais à l’aune de son maillon le plus faible.

Pierre Maudet

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