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Sécurité: il est temps que Berne ouvre les yeux

Lundi dernier, le Conseil fédéral refusait de créer un registre national des criminels étrangers dangereux, pourtant réclamés par de nombreux cantons.

Hier, le Conseil national renvoyait en commission le projet de registre national des armes, jugé lui aussi indispensable par la plupart des ministres cantonaux chargés de la sécurité.

Hier aussi, après des années (!) de débat, une solution semblait enfin se dessiner au Conseil national pour mettre fin – du moins en partie – au système des jours-amende. Inefficaces pour lutter contre la majeure partie de la criminalité actuelle, il est décrié depuis 2007 par l’ensemble des acteurs de la sécurité.

Il serait temps, à Berne, que l’on prenne conscience de la nécessité et de l’urgence d’agir, afin de donner aux cantons les moyens de faire face efficacement à la criminalité actuelle. Contre laquelle on ne se bat pas avec des instruments d’une autre époque.

De même, si Genève fait l’effort d’augmenter drastiquement le nombre de places de détention administrative (20 en 2012, 50 en 2013, 168 en 2017) pour accroître le nombre de renvois de délinquants étrangers en situations irrégulière (+22% au 1er trimestre 2013), notre canton ne peut rien sans le soutien de la Confédération, seule apte à conclure des accords de réadmission.

Sans ces accords, bon nombre de délinquants, notamment originaires d’Afrique du Nord, resteront tout simplement « inexpulsables » au terme de leur détention pénale ou administrative. Ce qui équivaut à un insupportable aveu d’impuissance et fait injure au travail de l’ensemble des acteurs de la chaîne de la sécurité.

Seuls, les cantons n’y arriveront pas. En première ligne face à une criminalité qui sans cesse se réinvente, ils attendent un soutien responsable et appuyé de la Confédération.

Pierre Maudet

 

Commentaires (2)

  • M. Bowen

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    Pourquoi n’y a-t-il pas de concertation entre cantons ?

    Un registre inter-cantonal (armes et/ou criminels dangereux) ne serait-il pas envisageable ?

    Existe-t-il une réglementation qui l’interdise ?

    Merci pour votre travail très

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  • Ralf LATINA

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    Pierre, je suis parfaitement en accord avec ton analyse. Tu as totalement raison quand tu dis que Berne doit un peu se bouger pour mieux soutenir les cantons dans de nombreux domaines et de ne pas les laisser se débrouiller seuls face à certaines situations. Mais Berne est parfois loin de Genève…

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