livretservice

Obligation de servir: le chantier est ouvert

Dimanche dernier, le peuple suisse s’est très clairement exprimé en faveur du maintien de l’obligation de servir. De quoi bien sûr se réjouir.

Mais cette décision doit-elle être comprise comme un plaidoyer pour le statu quo ? J’ose espérer que non.

Car si l’obligation de servir veut survivre et ne pas se voir définitivement vidée de toute sa substance, elle doit être réformée sans délai. Le chef du DDPS s’y est d’ailleurs engagé.

A l’heure actuelle, avec à peine deux jeunes sur trois déclarés aptes au service et 50% d’entre eux qui vont au bout de leurs obligations, la volonté du peuple n’est en effet tout simplement pas respectée.

Et la situation ne va pas s’améliorer avec la diminution prochaine des effectifs de l’Armée, qui laissera encore davantage d’hommes « sur le carreau ».

Heureusement, les pistes de modernisation existent. Depuis plusieurs années, je propose notamment de passer au libre-choix du type de service. Tout en garantissant la priorité à l’armée, chaque jeune devrait ainsi pouvoir choisir entre un service militaire, un service civil ou dans la protection.

L’essentiel est que chacun serve. Sans exception. Sans passe-droit. Et que le contrat entre la société et ses citoyens – symbolisé par l’obligation de servir – soit respecté.

Mais nous devons aller plus loin, en créant de nouvelles filières dans les métiers de la sécurité. Les défis qui nous attendent en termes de recrutement de policiers, de gardes-frontière ou de personnel pénitentiaire, sont gigantesques. Il en va de notre responsabilité politique de prendre en compte cet élément à l’heure de réformer l’obligation de servir.

Il est l’heure d’ouvrir le chantier de la réforme de l’obligation de servir, qui ne pourra être que cosmétique. Elle devra tout simplement s’adapter aux réalités du 21ème siècle. Au risque de se retrouver, dans 10 ans, à voter sur une énième initiative du GsSA.

Pierre Maudet

Laisser un commentaire