Asile: la victoire de la rigueur et du bon sens

En acceptant à près de 80% la révision urgente de la loi sur l’asile, le peuple a donné à la Confédération et aux cantons les moyens de stabiliser la situation de surchauffe qui prévaut dans ce domaine depuis des années.

Certes, nous sommes loin des pics de demandes que nous avons connus à la fin des années 1990 avec les réfugiés fuyant la guerre dans les Balkans.

Le statu quo n’était toutefois plus possible, tant en termes de durée des procédures (près de 4 ans en moyenne !) que de prise en compte des aspects sécuritaires liés à l’asile. Dans le deuxième cas, nous ne pouvions plus ignorer le désarroi profond des personnes chargées de la sécurité dans les centres d’accueil, au premier rang desquelles la police, constatant jour après jour l’impunité d’une petite frange de requérants problématiques.

Ce plébiscite populaire est un plaidoyer en faveur du bon sens, de la rigueur et du pragmatisme, trois notions incarnées dans le discours mesuré et empreint d’humanisme de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

Le bon sens et le pragmatisme nous dictent en effet de traiter les demandes d’asile avec efficacité et, surtout, rapidité, afin que celui ou celle qui le requière soit rapidement fixé sur son sort. Pour le bien du requérant, mais également dans le but de désengorger l’ensemble du système.

La rigueur, elle, exige qu’une personne qui souhaite trouver refuge en Suisse en respecte les règles, qui plus est durant la période où sa demande est étudiée. Corollaire, nous devons disposer de centres où placer ceux qui ne respectent pas ces quelques règles élémentaires de bien vivre.

Cela étant, ne soyons pas dupes, le maillon le plus faible de notre dispositif d’asile reste notre capacité de renvoi. Sans davantage d’accords de réadmission négociés par Berne et donc sans capacité réelle de renvoyer un requérant débouté, notre système perd une partie voire toute sa crédibilité.

Dans le secteur de l’asile, comme dans tout domaine touché par les flux migratoires, la situation évolue sans cesse et nécessite une adaptation permanente de notre dispositif législatif.

Le « oui » exprimé hier par le peuple est un premier pas, une première étape vers la mise à jour de notre système. Cette votation marque également un tournant, les Suisses ayant clairement pris le parti du pragmatisme, au détriment des discours extrémistes et des dogmatismes de tous bords.

Dans l’esprit de la Conférence nationale sur l’asile du 21 janvier dernier, cantons, Confédération, mais aussi associations présentes sur le terrain et au fait de la réalité quotidienne des requérants, doivent ainsi continuer à œuvrer ensemble pour construire un système juste, équitable, empreint de rigueur et de bon sens. Tout en soutenant un maximum les programmes de coopération et de développement, seul moyen, à terme, d’endiguer la détresse et la pauvreté dans les pays d’où sont originaires les requérants.

Pierre Maudet

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