Asile: une réforme intelligente et empreinte de bon sens

Le 9 juin prochain, je voterai oui à la révision de la Loi sur l’asile.

Je voterai oui parce que les réformes proposées permettront de faire évoluer notre système d’asile dans le bon sens. Elles permettront en particulier d’accélérer les procédures et de donner les moyens aux autorités de s’attaquer aux problèmes de sécurité, jusqu’alors souvent oubliés.

A l’heure actuelle, la durée moyenne pour traiter une demande d’asile est de près de quatre ans. C’est trop long. Beaucoup trop long.

Durant ces années d’attente avant d’être fixés sur leur sort, des hommes, des femmes, des familles vivent dans l’espoir de s’installer en Suisse. Lorsqu’au final la décision s’avère négative, le choc est brutal pour les requérants, à qui l’on demande de quitter rapidement le pays après s’y être plus ou moins intégrés. Il rend également le travail des autorités chargées de leur renvoi extrêmement pénible.

En créant des grands centres fédéraux regroupant toutes les compétences nécessaires au traitement des dossiers, ces derniers pourront être évalués plus rapidement, en principe dans un délai maximum de 140 jours.

Améliorer l’efficacité de notre système, c’est également protéger les requérants des agissements d’une petite minorité d’entre eux.

A Genève, depuis le début de l’année, la police a dû intervenir a plus de 250 reprises dans les 17 centres d’accueil que compte le canton. Parmi les requérants interpellés, 25 d’entre eux ont été incarcérés à Champ-Dollon pour trafic de stupéfiant ou vol.

Restent plusieurs dizaines de requérants qui, par leur comportement, même s’ils ne commettent pas de délits pénaux, n’en pourrissent pas moins la vie des habitants résidants proches des centres, mais également des autres requérants.

Pour cette catégorie de personnes, qui ne respectent pas les us et coutumes du pays qui les accueille, il est indispensable de bénéficier de nouvelles structures, à savoir des centres spécifiques où ils seront encadrés et mis à l’écart des autres requérants, ne devant pas s’éloigner d’un périmètre défini.

C’est pour ces deux réformes majeures de la Loi sur l’asile que je voterai oui le 9 juin prochain.

Reste la question de la suppression de la possibilité de déposer une demande d’asile dans une ambassade ou dans un consulat et le fait que la désertion seule ne sera plus un motif suffisant. Même si ces décisions sont discutables, il n’en demeure pas moins qu’une personne en danger pourra toujours, par le biais d’un visa humanitaire, venir déposer une demande d’asile en Suisse. Et c’est là l’essentiel.

Au final, je voterai oui le 9 juin parce que les ajustements proposés par le Conseil fédéral permettront de rendre de la crédibilité à notre système d’asile, pour le bien de la population comme des requérants eux-mêmes, tout en renforçant notre tradition d’accueil. Il en va de ma responsabilité de Ministre de la sécurité que de les soutenir.

Celles et ceux qui y voient un énième « bricolage » de la Loi sur l’asile se trompent. La réforme proposée est une étape permettant d’adapter notre système à la réalité des flux migratoires en perpétuelles évolution.

Pierre Maudet

Débat RTS Infrarouge « Votation sur l’asile: encore un durcissement? »

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