Agir de manière responsable contre l’insécurité

Durant les trois mois et demi de campagne qui ont précédé mon élection au Conseil d’Etat, mes rencontres dans les communes et les quartiers de Genève m’ont permis de me rendre compte encore davantage des préoccupations des Genevoises et des Genevois en matière de sécurité.

Le Conseil d’Etat m’ayant confié, comme je l’ai souhaité, les rênes du Département de la sécurité, il m’incombe désormais d’agir de manière responsable pour que cesse l’augmentation de la criminalité dans le canton et, corollaire, la dégradation de la qualité de vie.

L’ouverture des frontières, couplée à la situation géographique particulière de Genève, a rendu la criminalité davantage volatile, tout comme l’avènement de la société de communication l’a rendue plus diffuse.

La lutte contre cette criminalité complexe ne peut plus se faire de manière sectorielle et cloisonnée, cette façon de procéder étant désormais inopérante et source de frustrations pour les acteurs de la sécurité.

Face à ce changement de paradigme, il était donc indispensable, à l’image de ce qui a été réalisé dans les cantons de Neuchâtel, Fribourg, Jura ou encore Zürich – mais ce qui est une première à Genève –, de définir une stratégie puis une feuille de route incluant les paramètres propres à tous les maillons de la chaîne sécuritaire, à savoir la police, la justice et le système de suivi administratif et pénitentiaire.

Durant l’été, j’ai ainsi rencontré à plusieurs reprises le Procureur général, afin de nous mettre d’accord sur ce que seront les grands axes et les priorités immédiates de la lutte contre la criminalité durant les deux prochaines années.

Faisant l’objet d’une convention approuvée ce matin par le Conseil d’Etat et que j’ai paraphée en son nom tout à l’heure avec le Procureur général, ces huit axes sont les suivants:

  • Lutte contre les violences
  • Sécurité de l’espace public
  • Lutte contre les cambriolages
  • Lutte contre le trafic de stupéfiants
  • Lutte contre l’implantation de toute forme de crime organisé
  • Conformité de la place financière
  • Lutte contre la migration illégale et le travail au noir
  • Lutte contre les comportements agressifs visant les policiers et autres agents publics dans l’exercice de leurs fonctions

Une année et demie après l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure pénale, et au vu des chiffres relatifs à l’évolution de la criminalité, il est apparu prioritaire de mettre l’accent et de lutter contre les infractions dont l’évolution est marquée par une augmentation, soit par leur nombre, soit par leur gravité, et qui génèrent un sentiment d’insécurité dans la population.

Deux priorités immédiates et principales ont ainsi été identifiées :

  • Lutte contre les violences dans l’espace public
  • Lutte contre les cambriolages

Cette déclaration commune, en exprimant une vision politique précise, permettra de clarifier et de hiérarchiser les missions de la Police ainsi que du Ministère public, tous deux demandeurs de lignes directrices.

Il revient maintenant à la Police, à l’Office pénitentiaire et aux autres entités administratives concernées, ainsi qu’au Ministère public, de proposer plusieurs stratégies permettant leur mise en œuvre. Il s’agira ensuite d’identifier rapidement les ressources financières et humaines nécessaires à leur réalisation.

L’objectif temporel de cette feuille de route, soit 2014, est volontairement réduit. Cette dernière a toutefois pour objectif d’instaurer une stratégie de lutte contre la criminalité à long terme, l’augmentation de l’insécurité ne pouvant être considérée comme une fatalité eu égard à la tâche régalienne de l’Etat d’assurer la sécurité de sa population.

Cette stratégie à long terme doit permettre de s’attaquer aux causes de la criminalité, et non uniquement à ses symptômes, et de reconquérir ainsi, pas à pas, le terrain de la sécurité.

Cette reconquête prendra du temps et ne sera possible qu’avec la contribution de tous les acteurs de la sécurité à Genève et donc avec celles, en premier lieu, des citoyens.

Pierre Maudet

Commentaires (3)

  • Damon Lestat

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    Tout bien se projet « un petit pas pour l’homme un grand pas pour la république de Genève. » In memoriam Amstrong.

    Dans votre charte il ne fais pas mention du dumping salarial, largement pratiqué par les membres de certains partis.
    Cette tolérance conduit en suisse et principalement à Genève, une population de futurs working poor et potentiels délinquants.

    Faire l’autruche pour maintenir et augmenter les rémunérations des cadres et dirigeants, pour finalement délocaliser, lorsque l’autorité sévit :

    C’est de la criminalité.

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  • Moutou Jean-François

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    Je suis en accord avec le fait qu’il va falloir faire quelques choses pour revenir à la Genève que j’ai connu.
    Mais si vous pensez que c’est les cambriolages qui ont augmenté le plus car statistiquement c’est ce que disent les chiffres de la police c’est encore faux.
    Si les cambriolages augmentent c’est aussi que la drogue est de plus en plus présente à Genève et que pour s’en procurer il faut de l’argent.
    Je crois que Genève est gangrénée par toute une faune de gens qui commence à faire penser aux citoyens comme moi que c’est plus risqué de passer un feu rouge en voiture que de vendre de la drogue.
    Comme vous le dite si bien, le nouveau code de procédure et toutes les lois laxistes permettent aux délinquants de ressortir si rapidement de prison que l’encre de leurs dossiers n’est pas encore sèche.
    Il ne suffit pas de quelques petites tapes sur le doigts pour remettre Genève sur les rails de l’avenir serein mais je vous fais confiance, du moins pour le moment, et j’espère que ça va s’améliorer vite car moi et d’autres certainement, en avons assez de toutes cette M….

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  • Steph Helbe

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    Je trouve dommage qu’après pratiquement 6 ans passé à la tête de la police municipale de la ville de Genève, il vous faille attendre votre campagne pour une place de conseiller d’état pour vous apercevoir des demandes de la population en matière de sécurité.
    Sincèrement, si vous aviez passé moins de temps à vous gargariser dans la presse de vos soi-disant résultats et passé un peu plus de temps à discuter avec vos agents (pas vos copains de parti et consorts cireurs de pompes), alors peut-être auriez vous été au courant de ces demandes.
    Mais comme tout bon politicien, ce que vos employés pourraient vous apprendre, vous intéresse comme votre premier mensonge.
    Je regrette qu’autant de talent oratoire soit mis à la seule disposition d’un égo surdimensionné. Vous êtes brillant et travailleur, vous arriverez au Palais Fédéral et à être Conseiller Fédéral… malheureusement, la manière que vous utilisez n’est pas la bonne et laisse un goût amer aux gens qui ont eu la tristesse de travailler sous vos ordres.
    Il est peut-être encore temps de vous intéresser sincèrement à la population et de prendre réellement les décisions qui s’imposent. Mais en aurez vous le courage?? je ne crois pas.

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