Jeune et propriétaire, un rêve impossible ?

Déjà dindons de la farce en matière de primes d’assurance maladie, puis sacrifiés sur l’autel de la dernière révision de l’assurance chômage, les jeunes sont aujourd’hui les premières victimes des mesures annoncées par le Conseil fédéral pour limiter l’accès à la propriété.

Dans le but de lutter contre la bulle immobilière, il faudra désormais 10% de fonds propres ne provenant pas du 2e pilier pour financer l’achat d’un appartement ou d’une maison.

Concrètement, pour un bien immobilier d’une valeur d’un million de francs, 100’000 francs à apporter en cash. Facile, quand on a 30 ans…

On pourrait encore se dire qu’il faudra juste se montrer un peu plus patient et épargner quelques années de plus pour arriver au montant nécessaire. Mais non. Le Conseil fédéral est en effet sur le point de décider que passé l’âge de 40 ans, il ne sera plus possible retirer son 2e pilier pour financer l’achat d’un logement.

« Mieux vaut être locataire avec une rente assurée qu’être propriétaire et dans la dèche », déclare Antonio Hodgers dans Le Matin du jour.

C’est faire bien peu de cas de la capacité de discernement de celles et ceux qui choisissent d’investir leur 2e pilier dans un bien immobilier. C’est surtout aller à l’encontre d’une valeur qui m’est chère, celle de la responsabilité individuelle.

Enfin, c’est donner un bien mauvais signal : celui qu’en Suisse, seuls les jeunes les plus aisés ou les plus chanceux, celles et ceux qui auront pu compter sur un héritage ou sur un prêt de leurs parents, pourront devenir propriétaires.

Veiller à ce que les actifs d’aujourd’hui puissent toucher leur rente lorsqu’ils seront à la retraite constitue bien évidemment un enjeu majeur pour notre pays. Mais d’autres mesures existent, plus pérennes, comme le relèvement de l’âge de la retraite. Elles demandent par contre davantage de courage politique.

Courage politique qui n’est pas toujours l’apanage du Conseil fédéral…

Pierre Maudet

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