Promouvoir le travail, valoriser l’effort

Il y a quelques jours, je recevais encore un courrier d’une jeune mère célibataire qui me décrivait une situation malheureusement de plus en plus fréquente: en difficulté financière, avec deux enfants à élever seule, elle cherchait à augmenter son temps de travail.

Cette volonté de travailler davantage s’est très vite heurtée à une triste réalité: impossible de trouver une place de crèche pour y placer un de ses enfants en bas âge, condition indispensable à l’augmentation de son taux d’activité.

Cette situation est malheureusement celle de bon nombre de parents genevois, pénalisés dans leur vie professionnelle par le manque de places de crèche disponibles.

Une chose est sûre: la solution pour pallier cette pénurie ne viendra pas de l’initiative 143 soutenue par la gauche et sur laquelle le peuple se prononcera le 17 juin prochain, demandant à l’Etat de garantir une place de crèche pour chaque enfant. Le principe est bien évidemment séduisant et, présenté comme tel, ne peut qu’être salué.

Le problème ? On estime qu’il manque actuellement 5’000 places de crèche dans le Canton. Sachant qu’une place coûte 30’000 francs pour la créer et autant pour son fonctionnement, l’opération coûtera 150 millions de francs, dont on n’a pas encore trouvé le premier centime. En résumé, un chèque en blanc.

Pour ma part, je prône la mutualisation des ressources entre communes et la création d’une « Fondation pour la Petite Enfance », financée par les communes en fonction de leur capacité financière, selon le modèle vaudois, qui a prouvé son efficacité.

Mais nous devons aller plus loin pour valoriser le travail.

Il n’est pas normal, par exemple, qu’une femme qui souhaite reprendre une activité à temps partiel après une maternité soit découragée de le faire car les impôts supplémentaires induits par cette nouvelle activité, cumulés aux frais de garde, atteindront quasiment 100% du nouveau revenu.

C’est pour cela que je défends l’introduction d’un bouclier fiscal excluant que la hausse des charges résultant de l’addition entre les frais de garde et la taxation fiscale définitive (ICC+IFD) dépasse 60% du deuxième revenu du foyer.

C’est aussi dans cet esprit que je milite pour une révision du mode de calcul des tarifs de crèche qui, comme il est actuellement conçu, coûte plus cher aux familles qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire aux familles dont les deux parents travaillent. Je propose donc que ce tarif soit calculé non seulement en fonction du revenu, mais également selon le critère du taux d’activité des parents.

Autrement dit: d’abord calculé en fonction du revenu, le tarif de crèche devrait ensuite être multiplié par un facteur allant de 0.5 à 2, inversement proportionnel au taux d’activité des parents. Avec ce système, les parents ayant un taux d’activité bas verraient leur tarif de crèche augmenter, tandis qu’il baisserait pour ceux dont le taux d’activité est élevé.

Toutes ces propositions visent un seul et même objectif : promouvoir le travail et valoriser l’effort.

Pierre Maudet

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