A chacun son mur

Les tags sont souvent ressentis par la population comme une forme de pollution visuelle, comme un symbole de laisser-aller.

La « théorie du carreau cassé » s’applique d’ailleurs bien à ce phénomène. Un premier tag sur un bâtiment, s’il n’est pas effacé (tout comme une vitre cassée si elle n’est pas remplacée), en appellera rapidement d’autres, donnant vite l’impression d’une bâtisse à l’abandon et d’un endroit peu sûr.

Travailler à faire de Genève une ville plus sûre passe en premier lieu par une augmentation de la présence de policiers dans la rue (et donc par un accroissement des effectifs), par une augmentation des places de prison, ainsi que par un code pénal plus dur avec les délinquants. Autant de priorités qui font partie de mes 20 engagements pour Genève.

Mais accroitre la sécurité passe aussi par l’amélioration de certaines conditions cadre conférant une impression générale de sûreté. On se sentira indéniablement plus à l’aise dans une ville bien éclairée et propre, sans déchets au sol et sans tags, que dans une ville sale et sombre.

C’est ainsi – pour reprendre l’exemple des tags et refusant que le cercle vicieux induit par le « carreau cassé » ne s’installe à Genève – que j’ai mis en place, dès 2009, des contrats « anti tag ».

Cette année-là, 50’000 m2 de surfaces taguées étaient recensées sur les murs de la Ville. Après un premier nettoyage qui a permis d’en effacer 35’000 m2, mes services ont contacté l’ensemble des propriétaires d’immeubles, tagués ou non, pour leur proposer un tel contrat.

Le principe ? Pour un montant annuel de 500 francs, les propriétaires sont assurés que si leur bâtiment vient à être tagué, il sera nettoyé dans les 48 heures par une des entreprises genevoises spécialisées avec qui la Ville a négocié des tarifs préférentiels. A l’heure actuelle, près de 1’000 contrats ont été signés.

Je ne suis pour autant pas réfractaire aux graffitis, conscient qu’ils représentent un art urbain à part entière. C’est pour cela qu’ils seront à l’honneur ce samedi dans le cadre du premier Festival Vision Urbaine, organisé dans le cadre de mon année de Mairie. C’est aussi pour cela que j’ai mis sur pied un concours de graf’ en 2010 sur la Plaine de Plainpalais. C’est enfin pour cela que la Ville a par exemple mis à disposition d’un collectif de « graffeurs » un mur de plus de 15 mètres de long derrière la piscine des Vernets. Pour que chacun puisse s’exprimer en toute liberté, mais pas au détriment du bien commun.

Pierre Maudet

Commentaires (2)

  • Lisette Vallon dit vernet

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    Que diriez vous de ne plus laisser les bistrots avoir autant de double terrasses ? ceci pour le confort des riverains. Il y a des sujets dont vous ne parlez pas…faut il que les citoyens fassent des pétitions pour que cela change ? Rue Chaponnière c’est la gabegie !Rue de Berne emplacement pas respecter chacun fait ce qu’il lui plait. Musique tardive, bruits en tous genre et que dire de la voirie …blablatage a 5 heure du matin sous nos fenêtres. Nous en avons ras le bol nous n’avons pas choisi de vivre en ville ! Faites respectez les lois , muselez vos employés qui se racontent leurs weekend et trainent leurs balais en poussant une bouteille en verre à 6 heure du matin, faites que vos camionnettes citernes éteignent leurs moteurs quand ils se ravitaillent en eau !. Faites respecter les horaires du repos des pauvres citoyens plumés que nous sommes !

    Cordialement Lisette Vallon

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  • Pierre Maudet

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    @ Lisette Vallon: Chère Madame,

    Merci pour votre message et d’attirer mon attention sur les problèmes cités plus haut. Sachez que j’ai d’ores et déjà demandé au chef de la Voirie de prendre des mesures afin d’atténuer les nuisances sonores que vous me décrivez.

    Quant à la question des terrasses, je vous propose de prendre contact avec mon chef de Cabinet au 022 418 24 68 afin de trouver des solutions permettant d’améliorer la situation que vous décrivez.

    cordialement

    pm

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