Soutenir l’emploi, c’est d’abord en créer

Le Grand Conseil a pu se rendre compte vendredi dernier de l’ampleur du projet du PS en matière de politique de l’emploi.

Durant une heure, le débat fit rage autour de deux propositions socialistes phare : rebaptiser le « marché complémentaire de l’emploi » en « marché de l’emploi complémentaire » et les « stages de requalification » en « programme de formation en emploi ».

Quel souffle ! Quelle vision !

Les autres amendements déposés par le PS (augmenter le salaire des emplois de solidarité jusqu’au niveau du salaire médian genevois !) risquaient par ailleurs de faire invalider la loi par la Confédération et de signer l’arrêt de mort des prestations cantonales en matière de chômage. Il a fallu toute la sagesse des groupes PDC, PLR, UDC et Verts pour que ces mesures soient rejetées. Le PS était soutenu par le seul MCG, qui visiblement tient à faire triompher la gauche dans ce Canton. Ces deux partis ont d’ailleurs fini par refuser une loi qui double la durée des allocations de retour en emploi pour les chômeurs de 50 ans et plus et permet aux indépendants au chômage de bénéficier de toutes les mesures du marché de l’emploi.

Pour ma part, je persiste à penser que la seule politique de l’emploi qui fonctionne est celle qui permet aux entreprises de créer de la richesse et du travail. Une politique qui limite les prélèvements obligatoires sur les salaires, une politique qui fait confiance aux partenaires sociaux (syndicats et patronat) pour définir les conditions de travail plutôt que de créer une législation pléthorique qui entrave l’économie, une politique qui cesse de pénaliser ceux qui travaillent (fiscalité des couples mariés, tarifs des frais de garde). C’est cette politique qui permet à la Suisse d’avoir un taux de chômage près de 3%, et d’offrir les salaires parmi les plus élevés du monde.

C’est dans cet esprit que je milite pour instaurer un taux unique d’imposition des entreprises fixé à 15%, comme envisagé à Neuchâtel par le conseiller d’Etat socialiste Jean Studer. C’est pourquoi je milite également pour un bouclier fiscal excluant que la hausse des charges résultant des frais de garde et de la taxation définitive dépasse 60% du deuxième revenu du foyer. C’est pourquoi je souhaite que les frais de garde tiennent compte non seulement du revenu, mais aussi du taux d’activité des parents (pour que ceux qui ont le plus besoin de crèches puissent les payer moins cher).

C’est dans ce même esprit que nous devons nous battre pour que le partenariat social, garant de notre paix du travail, ne coule pas sous le poids d’un droit du travail hypertrophié tel que rêvé par la gauche, et que nous devons prévenir la catastrophe annoncée des caisses de pension des fonctionnaires cantonaux (au fait, qu’en pense la candidate officielle du PS, que l’on a peu entendu sur le sujet ?).

Pierre Maudet

Laisser un commentaire