Comme un cheveu sur la soupe

A l’heure où la Tribune de Genève annonce que le salaire médian des fonctionnaires de l’Etat frôle les 9’000 francs par mois, où l’on sait que l’Etat devra injecter d’urgence 700 millions de francs dans ses caisses de pension pour leur éviter de couler et où tous les indicateurs économiques et financiers du Canton sont au rouge, la grève d’une partie des fonctionnaires annoncée pour aujourd’hui tombe mal.

Comme un cheveu sur la soupe.

Que le Cartel intersyndical se batte pour le maintien d’un service public de qualité est légitime. Je le défends d’ailleurs tous les jours au sein de l’Exécutif de la Ville de Genève.

Mais tout préoccupé qu’il est à s’arcbouter sur la défense des droits « acquis » des fonctionnaires, le Cartel ferme les yeux sur le fait que ces droits induisent aussi des charges croissantes pour la collectivité. Qu’elle ne pourra bientôt plus supporter.

Face à la situation alarmante des finances cantonales (le plan financier quadriennal prévoit un déficit de 600 millions de francs en 2013 !) et à la diminution de la population active (du fait que celle-ci vieillit) qui, si rien n’est fait, conduira nos caisses de retraite dans le mur, des efforts doivent être consentis. Par tous.

En l’occurrence, je propose que cet effort se matérialise en offrant la possibilité aux fonctionnaires de l’Etat de travailler deux heures de plus par semaine, soit 42 au lieu de 40 heures. Cette solution permettrait d’atténuer les besoins de croissance des effectifs, mais aussi d’améliorer le financement de la caisse de retraite, le tout sans nuire aux revenus disponibles de ces fonctionnaires.

J’estime également que l’âge pivot de passage à la retraite doit être établi à 65 ans, dans un premier temps sur une base volontaire. Cette mesure permettrait d’augmenter de 5% la durée totale de cotisation, en d’autres termes les recettes courantes de la caisse de retraite.

J’ai la conviction que la grande majorité des fonctionnaires, qui aiment leur travail et sont attachés au service public, seront d’accord de fournir ces efforts. Dans l’intérêt général.

Pierre Maudet

Commentaires (1)

  • Gilles-Emmanuel Trutat

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    Et le régime des cotisations doit être aligné sur le privé: parité des cotisations (et non 2/3 à la charge de l’Etat employeur), primauté des cotisations (et non des prestations).

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