Traversée du lac : la stratégie en cul-de-sac du Conseil fédéral

Ainsi donc, la traversée du lac ne fait pas partie des priorités actuelles du Conseil fédéral en termes de développement du réseau routier national.

Berne estime ainsi que la réalisation des contournements de La Chaux-de-Fonds ou de Locle prime sur le désengorgement de l’extrémité ouest de l’arc lémanique.

Voilà qui est inquiétant. Et amène à se poser des questions sur la capacité de nos élus sous la Coupole — et notamment de nos représentants à la Chambre des Cantons — à faire front commun derrière ce projet.

Cette non décision est surtout catastrophique pour le développement de notre infrastructure de mobilité. Elle décrédibilise les efforts réalisés pour débarrasser le centre-ville du trafic de transit.

Vouloir développer le réseau de transports publics et le rendre attractif auprès des usagers est en effet illusoire si l’on ne s’en donne pas les moyens et si l’on ne tient pas compte de l’impact sur le trafic automobile privé.

Créer une voie dédiée aux bus sur le pont du Mont-Blanc pour fluidifier le trafic est bien sympathique mais se fera sur le dos des seuls automobilistes, à qui aucune alternative n’est proposée pour éviter de transiter par le centre-ville ; ce qui n’est pas acceptable.

Piétonniser des dizaines de rues est également souhaitable, mais irréalisable si l’on ne dispose pas de solutions pour rediriger le flux de véhicules sur d’autres axes.

De par sa non-décision et son absence de vision, le Conseil fédéral refuse d’assumer sa part de responsabilité dans le développement d’un des deux poumons économiques du pays, au bord de la surchauffe.

Le Conseil d’Etat devrait peut-être inviter Madame Leuthard à traverser le pont du Mont-Blanc un soir de semaine vers 17:30 ; en lui laissant bien sûr, par équité sportive, le choix du mode de transport.

Pierre Maudet
Maire de Genève

Commentaires (1)

  • Safino

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    Il fallait en priorité présenter un projet solide pour une traversée de la rade, qui aurai été beaucoup plus
    bénéfique pour Genève, au lieu d’avoir plebiscité le CEVA. La Berne Fédérale aurait accepté de financer ce projet beaucoup utile aux genevois. ABE

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