Impliquer les jeunes dans les décisions qui les concernent

Me voici de retour en Suisse après un peu plus de trois jours passés à New York, où j’ai pris part à la « réunion de haut niveau sur la jeunesse » (High level meeting on youth), qui s’est tenue lundi et mardi au siège des Nations Unies. Le Conseil fédéral m’y avait délégué, en ma qualité de président de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse, mais aussi en tant que (jeune) maire de Genève.

En me nommant à la tête de la délégation, le Conseil fédéral a surtout voulu traduire dans les actes la politique suisse qui vise à impliquer les jeunes dans les décisions qui les concernent, et tout particulièrement à les encourager à prendre une part active dans la vie politique du pays. En envoyant à New York une délégation jeune et engagée — j’étais notamment accompagné d’Oliver Felix, brillant représentant du Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ), âgé d’à peine plus de 20 ans —, le Gouvernement a ainsi prouvé qu’il est possible de confier des responsabilités de représentation à cette tranche de la population.

En envoyant le maire de Genève à cette réunion, la Suisse a aussi mis en avant la voix des villes et des communes, qui sont en quelque sorte les têtes de ponts des systèmes démocratiques. Elles permettent en effet aux jeunes de se former aux institutions politiques de proximité, par le biais par exemple des parlements des jeunes ou en se faisant élire au parlement de leur commune. Mais les villes sont aussi les premières confrontées aux problèmes que rencontrent les jeunes, que cela soit en matière d’emploi ou de formation.

De retour de ce sommet, je dois saluer l’important travail réalisé en amont à Berne par le Département fédéral des affaires étrangères ainsi qu’à New York par la Mission suisse auprès de l’ONU, afin de préparer ce type de sommet. Les activités de cette dernière sont finalement peu connues, même de nos parlementaires, mais méritent d’être relevés. Tout comme l’excellente réputation dont jouit Joseph Deiss, qui préside jusqu’au mois de septembre l’Assemblée générale et dont le sérieux et la rigueur toute helvétique sont saluées au sein d’une institution où il n’est pas toujours facile de faire cohabiter 193 états.

De même, ce genre de sommet est parfois frustrant, l’interactivité étant quasi nulle entre les intervenants et les contributions très inégales. Mais il faut dire que les préoccupations des pays sont souvent diamétralement opposées. J’étais ainsi un peu gêné de parler des « problèmes » de la jeunesse suisse en matière d’emploi, à l’heure où le chômage des jeunes dépasse à peine 3%, à ce jeune nigérien qui est venu me parler d’accès à l’eau potable ou de lutte contre les mariages forcés, dans un pays où le taux de chômage des jeunes avoisine les 50%.

Mais la force de l’ONU, au final, est ailleurs. Elle est de permettre à tous les Etats de se rencontrer et de discuter entre eux. Leurs déclarations de bonnes intentions ne sont peut-être pas toujours suivies d’actes, mais elles ont le mérite d’exister et de faire avancer le monde dans le bon sens, en le dotant d’un corpus de valeurs communes.

Tout au long de ces deux jours, le parfum des révolutions arabes de ce printemps, toutes initiés par les jeunes, a flotté dans les travées de l’Assemblée générale. Voulu à l’origine, en 2009 – 2010 par la Tunisie puis la Libye, le sommet a dû être organisé in extremis à New York. Les temps changent, rapidement.

Mais la réunion a aussi été placée sous le signe de l’émotion, puisque toutes les délégations ont rendu hommage au peuple norvégien, dont la jeunesse a été si durement touchée par le double attentat de la semaine dernière.

Au final, je retire de ce sommet un sentiment extrêmement positif. Outre le fait d’avoir pu y défendre la politique suisse en matière de jeunesse, il m’a permis de voir la place qu’occupe la Suisse au sein de l’ONU, où elle est respectée, active et où elle représente une force de proposition. Ce qui devrait nous faire réfléchir sur notre rôle de pur observateur, et non d’acteur, de l’Union européenne… mais c’est un autre débat.

Retrouvez les grandes lignes de la politique suisse en matière de jeunesse en visionnant mon intervention de mardi après-midi devant l’assemblée générale :
http://www.unmultimedia.org/tv/webcast/2011/07/switzerland-mr-pierre-maudet-2011-high-level-meeting-on-youth-111th-plenary-meeting.html

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