Christoph Blocher ou l’impossible débat

Est-il possible de débattre face à Christoph Blocher ? Non. J’en ai eu la preuve hier dans le cadre de la journée organisée par le quotidien Le Temps, destinée à confronter nos deux visions de la Suisse.

Christophe Blocher n’écoute pas les arguments de son adversaire. Il assène ses vérités. Lorsqu’il est mis en difficulté, il se défausse et n’hésite pas à nier l’évidence.

Ce qui le rend difficile à contrer. D’autant que le vieux renard est toujours en forme. Il se réjouit d’ailleurs – comme il nous l’a confié lors de la pause déjeuner où, l’espace d’une heure, le Blocher gouailleur et charmeur a repris le dessus – d’en découdre à nouveau dans les travées des Etats ou du National s’il est élu.

Le SECO annonce, chiffres à l’appui, que la libre circulation des personnes contribue à la vitalité économique du pays ? Christoph Blocher n’en a cure, la Suisse doit dénoncer cet accord : les travailleurs européens nuisent aux travailleurs suisses. Même si les chiffres officiels affirment le contraire.

Les statistiques le prouvent aussi : Dublin a permis de réduire le nombre de procédures d’asile de 15 à 20%. C’est faux, rétorque Christoph Blocher ; le système de Dublin ne fonctionne pas, il faut en sortir. Le seul qui a réussi à faire baisser le nombre de réfugiés, c’est lui. Lorsqu’on lui met devant les yeux les chiffres prouvant que le nombre de demandes a commencé à baisser 3 ans avant son arrivée et qu’elles n’ont jamais été aussi basses depuis plus de 10 ans, il conteste la véracité des données de l’Office fédéral de la statistique. On le savait déjà, Christoph Blocher a bien peu de respect pour l’Administration fédérale.

Contrer l’UDC et les fausses vérités qu’elle répand est un travail de longue haleine. Je laisse celles et ceux qui auront lu le Temps du jour juger si mes arguments d’hier les ont convaincus.

Mais ce dont ils se seront rendus compte, c’est qu’au-delà du débat, deux visions s’entrechoquent et ne peuvent se rencontrer : celle d’une Suisse repliée sur elle-même, peureuse et vivant dans la nostalgie, et celle d’un pays conscient de ses atouts, interconnecté et tourné vers l’avenir.

L’UDC ne porte aucun projet de société. Quels sont ses plans pour résoudre les problèmes de logement en Suisse ? (moins d’étrangers) Quelle est sa stratégie pour désengorger le trafic automobile et ferroviaire ? (moins d’étrangers) Quelle est sa vision en matière énergétique ? (moins d’étrangers)

La supercherie ne tardera pas à être démasquée.

Laisser un commentaire