Un nouveau lieu de culture au cœur de la vieille Ville ? C’est pour bientôt !

J’ai présenté ce matin à la presse un projet novateur, qui verra un ancien abri de protection civile se transformer en salle de concert, de spectacles et d’exposition. Ceci en plein centre ville puisque ce nouveau d’expression artistique se trouve sous la terrasse d’Agrippa d’Aubigné, à côté de la place de la Madeleine.

Pourquoi novateur ?

Tout d’abord par que ce projet a été rendu possible grâce au soutien de la fondation Hans Wilsdorf, qui assurera le financement des travaux. Cet engagement au côté de la Ville démontre une fois de plus l’importance des partenariats public-privé. En effet, si les autorités sont là pour donner l’impulsion nécessaire à la création de nouveaux espaces culturels, c’est grâce à de telles collaborations que ceux-ci peuvent se concrétiser.

Ensuite, car cette nouvelle salle sera réalisée en valorisant le patrimoine historique et immobilier municipal. Inséré dans les remparts historiques de la Ville, elle redonnera vie à un ancien abri rendu inutilisable au cours du temps. Sans modifier l’aspect visuel extérieur de l’endroit.

Mais aussi — et surtout — parce que ce nouvel espace comblera une lacune en matière de lieux de vie nocturne. Destiné principalement aux jeunes artistes genevois, il leur offrira un tremplin et un lieu d’expression de qualité. Il se veut aussi à mi chemin entre des lieux de culture purement alternatifs et les clubs plus « select » aux prix souvent prohibitifs pour le public jeune. Les « botellónes » apparu dans les parc de Genève durant l’été 2008, mais aussi les rassemblements de cet automne notamment à Plainpalais, ont montré que la jeunesse genevoise réclamait de tels lieux de sorties.

Enfin, parce que la gestion de la salle sera confiée à une entreprise sociale. Son financement sera assuré grâce aux revenus de la buvette et à un pourcentage prélevé sur la billetterie. Ce qui permettra à des personnes en réinsertion de pouvoir bénéficier, elles aussi, d’un tremplin professionnel.

Il faudra une année de travaux à compter du démarrage du chantier avant que l’abri d’Agrippa d’Aubigné ne retrouve une seconde vie.

Je me réjouis déjà du jour de l’inauguration !

Commentaires (7)

  • Pierre Losio

    |

    Va bien y avoir des purs de chez purs (anchois ou esturgeons) qui vont trouver que financer ça avec des fonds privés c’est asservir la vie culturelle et nocturne au Grand Capital.
    Il n’est que de se souvenir de récentes questions orales au sujet du MAH.
    p.l.

    Répondre

  • William Rappard

    |

    Monsieur le Conseiller administratif,

    Quelle bonne nouvelle et quel excellent projet, à tous points de vue !

    Je partage votre opinion quant aux partenariats public-privé. Seules de telles solutions sont à même d’offrir à notre jeunesse (dont je me targue de faire encore partie pour au moins quelques mois ;) ) des lieux de vie nocturne. Une réserve, une question et un conseil toutefois.

    La réserve: le public était dans ce cas à l’impulsion du projet. Une impulsions privée serait-elle susceptible d’obtenir un soutien aussi décisif du public que celui dont vous a gratifié la fondation Wilsdorf ? Si oui, de quelle manière, dans quelle mesure et à quelles conditions ?

    La question: bien terre à terre, je l’avoue; très intéressée également. Qu’en sera-t-il des fumeurs ? Il me semble que la configuration des lieux rend la question particulièrement pertinente. Vous constaterez que ma fibre Bonnant ne s’étend malheureusement pas au delà du foyer de Sa cigarette… C’est regrettable, mais il me semble que la réponse à cette question intéressera également une bonne partie des noctambules visés par votre projet, ainsi que les riverains qui supporteraient probablement mal que des hordes fumantes hurlent leur joie de fréquenter si beau lieu sous leurs fenêtres.

    Le conseil: qu’on le veuille ou non, un lieu de sortie nocturne ne joue réellement sa fonction de régulateur social que s’il tient compte d’un certain degré de transgression. Je vous sais éminemment respectueux des lois, règles, règlements, arrêtés, ordonnances, décisions, en tant qu’ils représentent autant de gardes-fous étatiques nécessaire à la vie communautaire. Je respecte ce point de vue. Ne perdez toutefois pas de vue que si les citoyens ont besoin de gardes-fous, ils ont aussi besoin de liberté. La nuit genevoise a besoin de lieux d’évasion, ce qui implique un certain discernement dans la souplesse qu’il conviendra d’adopter pour distinguer la transgression bénigne qu’il conviendra de tolérer, des plus graves qu’il faudra réprimer.

    Cela étant, j’espère que mes concitoyens seront nombreux à apprécier la valeur de votre démarche. J’espère également que sa mise en œuvre amorcera un renouveau durable de la vie nocturne genevoise: rouage essentiel – pour le moment grippé – d’une saine cohésion sociale.

    Encore bravo, Monsieur le Conseiller administratif, pour votre détermination et votre pragmatisme ! Bravo encore pour ce projet qui semble aussi original que solidement charpenté (c’est peu de le dire, vu le lieu) !

    Bravo surtout pour l’Heureux Evènement !

    Dans un cas comme dans l’autre, le plus dur, mais aussi le plus gratifiant, reste à faire !

    Bien à vous,
    William Rappard

    Répondre

    • Pierre Maudet

      |

      Cher William,

      merci pour vos remarques et vos encouragements !

      Les partenariats public-privé doivent aller dans les deux sens. Un tel projet aurait donc également pu émaner d’une impulsion privée. Tans que l’idée de base est bonne, peu importe finalement qui en est à l’origine. Je serai toujours ouvert à recevoir une société désireuse de développer un projet en commun avec la Ville.

      Nous devrons effectivement étudier la question des fumeurs, afin d’éviter les nuisances sonores inévitablement engendrées par l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
      L’idée d’un fumoir, sans service et doté d’une bonne ventilation, n’est pas à exclure. Mais je pencherais plutôt pour une responsabilisation accrue de celles et ceux qui sortent fumer une cigarette. Pourquoi pas engager des « chuteurs », à l’image de ce qui se fait à Toulouse et depuis pas mal d’année en vieille ville de Lausanne (http://www.ladepeche.fr/article/2010/10/08/923010-Six-chuteurs-la-nouvelle-brigade-anti-bruit-de-la-nuit.html) ?

      Quant à votre dernier conseil, n’oubliez pas la composante libérale de mon pedigree politique… :)

      cordialement

      pm

      Répondre

      • William Rappard

        |

        Merci pour vos lignes !

        Pour ce qui est des fumeurs, voici mon avis: l’idée des « chuteurs » est rigolotte et marche probablement ailleurs mais mon expérience de la nuit genevoise m’a depuis longtemps enseigné qu’il était difficile, pour ne pas dire illusoire de responsabiliser les fêtards imbibés, pour ne pas dire plus… Il se trouvera toujours quelque énergumène pour faire du tapage, voir pire, pour prendre à partie ces fameux « chuteurs ».

        Sous un angle économique également, cette solution me semble exorbitante à long terme.

        Enfin, leur présence sera probablement perçue par quelques uns comme un nouveau « fliquage » et va, malgré votre pédigrée politique libéral, à l’encontre du sentiment de liberté des usagers et donc de mon conseil (mais je ne suis pas vexé ;) ).

        Le fumoir semble donc s’imposer. J’ignore s’il existe des statistiques à cet égard, mais il me semble que la proportion de fumeurs est plus importante parmi les fêtards. Si tel est réellement le cas, la question revêtirait une importance encore accrue.

        Bien que la crédibilité de mon argumentation puisse sembler mise à mal par le fait que je prêche pour ma paroisse, je vous livre ma vision de la solution idéale:

        Le fumoir ne doit pas ressembler à un fumoir. Je m’explique.

        Un fumeur forcé à se réfugier dans une cage à poule pour assouvir son vice est un fumeur frustré. Un fumeur qui se sent marginalisé en raison de son addiction est un fumeur vexé. Puisqu’en général, un fumeur aime fumer en buvant, un fumeur est souvent passablement gris en fin de soirée. Or, un fumeur gris, frustré et vexé a plus rapidement qu’à son tour tendance à devenir – passez-moi l’expression – un con (pas plus qu’un non-fumeur gris, frustré et vexé, du reste).

        Cette analyse, certes simpliste et basée sur mon unique expérience empirique, me semble pourtant relever de la plus pure logique.

        Dès lors, le fumoir – qui rime avec le mot désignant communément un lieu d’aisance et que je préfèrerais dès lors qualifier d’espace fumeurs, doit être pensé comme une partie intégrante de votre nouvelle offre nocturne.

        Je n’ignore pas que, politiquement, de bonnes intentions envers les fumeurs ne manqueront pas d’agacer les bien-pensants protecteur de notre santé physique (à bien des égards à juste titre, je le conçois), vous contraignant dès lors à de dangereuses cabrioles de langage afin de les convaincre.

        Les convaincre qu’en dépit de la noblesse de leur cause, la réalité n’est que ce qu’elle est, à savoir peuplée de fumeurs qu’ils ne voudraient pas croiser au milieu de la nuit, gris, frustrés et vexés, hurlants clope au bec sur le carrousel de la Madeleine. Les convaincre qu’il serait de mauvais aloi que les rues d’Enfer et du Purgatoire portent mieux leur nom qu’actuellement. Les convaincre qu’il suffirait d’un incident pour que le projet perde toute crédibilité.

        Dans un monde parfait, un fumoir serait un espace agréable, excessivement bien ventilé, pourvu de tables et de chaises, aussi bien sonorisé que le reste des lieux, décoré sobrement, mais avec goût. Un tel lieu nous épargnerait six traitements supplémentaires à charge du contribuable pour l’éternité, une éternité sise précisément à l’angle de la rue d’Enfer et…

        … j’imagine déjà les gros titres en cas de pépin.

        Ne négligez pas l’espace fumeur, de grâce, ne commettez pas cette bêtise.

        Et renoncez aux « chuteurs », pour leur propre bien et celui de tous. Épargnez-vous ce nouveau néologisme inutile. Un « chuteur », dans la vraie vie, c’est au moins une fois la victime – ou l’auteur – d’une agression, une fois de trop.

        Un bel et vaste espace fumeurs me semble à la fois plus « glamour », plus utile, moins (mais alors nettement moins) cher et très nettement moins risqué qu’un, deux, quatre ou six « chuteurs ».

        Voilà, j’ai plaidé et maintenant, je peux dormir tranquille.

        Bonne nuit, Monsieur le Conseiller administratif !

        Répondre

        • Pierre Maudet

          |

          Cher William,

          Rassurez-vous, je suis convaincu tout comme vous qu’il ne sert à rien de stigmatiser les fumeurs et d’en faire des parias. Je préfère les responsabiliser.

          En témoigne une des campagnes que mon Département a lancé l’année dernière et que je vous laisser découvrir en cliquant sur ce lien:

          http://www.ville-geneve.ch/actualites/detail/article/campagne-megots-fumeurs-raison/

          Et c’est promis, si la solution du fumoir est retenue, je ne manquerai pas de vous associer aux réflexions quant à sa conception ! ;)

          meilleures messages

          pm

          Répondre

  • Marianne Merf

    |

    Monsieur Maudet,

    Quelle belle idée, si seulement l’etat pouvait soutenir plus d’idées et d’initiatives privées pour redonner un second souffle à la nuit genevoisr qui est vraiment pitoyable.

    Un lieu est un bon départ, mais il serait de bon ton de multiplier les initiatives et projets de qualités pour redonner un vrai élan aux entrepreneurs du Canton.

    Aujourd’hui la ville et le Canton ne soutienne aucune création, même éphémère de manière concrète… C’est bien dommage que c’est encore une fondation privée qui fasse les efforts nécessaires.

    On a le sentiment que tout le monde en parle, mais que vous ne faites rien pour faciliter la tâche des nouveaux venus prêts à s’investir, car il y en a certainement.

    Genève a des lieux magnifiques et accessibles, c’est bien dommage.

    Marianne

    Répondre

    • Pierre Maudet

      |

      Chère Madame,

      merci pour votre message

      Je prêcherai pour ma paroisse: dire que la Ville ne soutient aucune création est faux. En témoignent les 230 millions qu’elle consacre annuellement à la culture.

      De plus, ce n’est pas à elle de fournir l’intégralité de l’offre en matière de lieux de sortie. D’où l’importance de développer les partenariats public-privé.

      Dans le cas de la transformation de l’abri de protection civile d’Agrippa d’Aubigné en lieu de culture, l’impulsion est clairement venue de la Ville.

      meilleurs messages

      pm

      Répondre

Laisser un commentaire