Lancer le débat, quitte à fâcher

En publiant lundi dernier mon « vrai rapport », traitant pourtant de la politique de sécurité suisse dans sa globalité, je savais que le chapitre concernant l’Armée allait être au cœur des débats. D’autant plus que j’y aborde des questions sensibles : quelles sont les véritables missions de l’Armée ? Comment l’organiser pour qu’elle puisse y répondre au mieux ? Comment calculer le nombre dont elle a besoin ?

Les réactions n’ont pas tardé. Dans la presse, mais aussi et surtout par courriel. J’ai en effet reçu (et continue de recevoir) un nombre impressionnant de messages. Dont une bonne partie provient de miliciens, soldats ou officiers, qui reconnaissent unanimement un mérite à mes réflexions : celui de faire ressortir le ras-le-bol d’un nombre croissant de militaires qui n’en peuvent plus de naviguer à vue, sans objectifs et missions clairs.

Reste une petite frange d’officiers corporatistes (ce qui ne devrait pas être un pléonasme), campés sur leurs positions. Qui ne supportent pas que l’on empiète sur leur pré carré. Qui, au lieu d’admettre qu’un vrai débat et d’importantes réformes sont nécessaire si l’on veut empêcher l’Armée de foncer dans le mur, préfèrent taxer mes propositions d’inepties, à l’image du vice-président de la Société suisse des officiers mardi soir sur le plateau d’Infrarouge.

N’en déplaise à ces derniers, et à certains politiciens, mon rapport fait désormais partie du champ public. Et servira, je l’espère, à nourrir un vrai débat, afin de doter notre pays d’une politique de sécurité compatible avec les réalités du XXIème siècle.

Commentaires (2)

  • Marion

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    Bonjour
    Je suis certaine qu’une armée de milice a encore sa raison d’être en Suisse. Je pense du moins que cela rassure la population. Tout comme le fait que l’élite avec son arme à la maison prête à être appelée sous les drapeau à tout moment. Je crois moins au déploiement de matériel militaire comme des avions, des chars et autres engins. Qui sont des gouffres à fric ! J’opte pour un déploiement des systèmes modernes qu’offrent de nos jours la technique. Des informations sur les mouvements et les agissement des terroristes et des trafics en tout genre serait plus sécurisant pour la population que les FA -18.

    En matière de sécurité, le risque toujours plus grand que nous fait courir les banques avec le secret bancaire, est réel. C’est comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et qui pourrait bien déclencher une attaque surprise de terroriste à la solde de certains pays. Les plus grands despotes et autres criminels dans le monde sont protéger par le système bancaire. J’ai peur et je ne pense pas être la seule à le penser, qu’il se peut qu’un jours un pays se soulève contre la Suisse pour cette raison.
    Exemple récent, les USA lors de l’affaire UBS ! D’un jour à l’autre un étau peut se resserrer sur notre pays. Et Monsieur Maudet, que ferrons-nous si les pays frontaliers s’allient pour lancer un blocus envers la Suisse ? Certes aujourd’hui nos amis…mais il suffit de peu lorsque l’argent entre en ligne de compte.
    Je pense que le premier nerf de la guerre se trouve là…Ceci est mon opinion et n’engage que moi.

    Bonne journée et merci pour vos efforts afin d’élargir le dialogue. Une confrontation d’opinion aide à la réalisation de l’objectif premier. C’est ce que je vous souhaite.
    Meilleures salutations.
    (MBB) Marion

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    • pierremaudet

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      Chère Madame,

      Merci pour votre message et pour les encouragements qu’il contient.

      J’estime comme vous que le modèle de base de notre Armée doit rester la milice, car il correspond à la manière de fonctionner de notre pays, en respectant les différentes cultures qui le composent. Mais ce système doit évoluer, afin d’offrir un plus haut degré de spécialisation, qui va de pair avec une diminution des effectifs.

      Comme vous le relevez, les pressions internationales auxquelles la Suisse doit face sont de plus en plus d’ordre économique ou énergétique, avec en corollaire une vulnérabilité croissante dans ces domaines. Les réponses à apporter dans le cas d’un éventuel blocus seraient, à mon sens, d’avantage diplomatiques que militaires.

      Avec mes meilleurs messages,

      Pierre Maudet

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