Appeler la Voirie, un acte hautement citoyen !

Le 11 novembre dernier – pourtant date de l’Armistice – je déclarais une nouvelle fois la guerre aux débarras sauvages en Ville de Genève. Frigos suintant le fluor, canapés éviscérés, consoles Nintendo décédées depuis belle lurette, abat-jour à l’esthétisme douteux, paire de lattes n’ayant pas supporté la révolution du carving, nos trottoirs regorgent encore trop souvent de reliques dont personne ne veut assumer la destinée post-mortem.

Outre les nuisances visuelles et l’insalubrité qu’ils génèrent, ces dépôts sauvages constituent un casse-tête logistique pour les hommes de la Voirie. Il est donc nécessaire de rappeler régulièrement à la population qu’un simple coup de fil, gratuit, lui permet de prendre rendez-vous pour faire débarrasser ses meubles et autres objets encombrants. Et que pour ceux qui seraient pincés en flagrant délit d’abandon de frigo ou d’abat-jour, l’amende peut être salée.

Voilà pour l’aspect technique de cette campagne.

Mais prenons un peu de hauteur. Je vois en effet dans cette opération le moyen de rappeler une valeur républicaine essentielle, fondement de la Genève moderne : la responsabilité individuelle.

Vivre sous le Jet d’eau, c’est bénéficier de services publiques dont la qualité n’est plus à prouver (les habitants n’ont même pas besoin de se bouger pour éliminer les meubles dont ils ne veulent plus, c’est la Voirie qui vient à eux !). Mais à tant être gâté, nous ne nous en rendons finalement plus vraiment compte et les considérons comme dû, entièrement justifiés par le paiement de nos impôts. Il faut donc de temps en temps rappeler que sans la responsabilisation et la participation de chacun, le système va finir par s’enliser.

Dans le cas précis, assumer jusqu’au bout la trajectoire des objets que l’on consomme en appelant la Voirie pour qu’elle vienne les récupérer, c’est assumer sa part de responsabilité. Et accomplir un acte citoyen. A l’heure où les fast-food du meuble fleurissent, il est bon de le rappeler.

Le clip officiel:

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Les coulisses du tournage:

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Commentaires (1)

  • REISS

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    Il n’y a pas un seul jour sans que je voie des déchets sur la rue (notamment à la rue Calas) ou dans « mon » parc (Bertrand). Pas un jour sans que moi-même je ramasse des mégots etc. tellement cela m’irrite de voir cette crasse s’accumuler à Genève.

    Merci, Pierre Maudet, d’aborder ce sujet (vous semblez être le seul!)

    Quant au problème de l’insécurité (je vous avais laissé un message sur votre blog mais vous n’y avez pas répondu. Tout comme vous, je suis indignée par ce qui se passe à Genève. Vu mon âge (j’ai 30 ans de plus que vous), je constate après en avoir visité de nombreuses, que les résidences pour retraités VALIDES sont quasiment inexistantes ou alors il s’agit de studio/cellules minuscules à des prix prohibitifs…et d’une tristesse « à se flinguer ».. Il n’y a qu’une seule maison convenable mais elle appartient…aux syndicats PATRONAUX. Ils son en effet les seuls à avoir une résidence digne et décente pour les aînés valides. Les autres sont de « sinistres anti-chambres de la mort ». Vous comprendrez donc pourquoi les retraités s’accrochent DESESPEREMENT à leurs logements lorsqu’ils peuvent encore le payer (30,40 voire 60% de leur retraite y passe..!) Au Canada, en Angleterre, des lotissements ou « villages » au sein de parcs et protégés et avec des appartements de 3 pièces pour les célibataires (et non un studio minable avec le tête de lit à côté de l’évier, et des salles de bains qui ne sont pas un trou de douche et un wc sur 2 m2). Ce problème doit être abordé car la génération de retraités arrive en masse et rien de décent n’est en place à Genève à ce sujet.. Merci, cher Monsieur, pour l’attention que vous porterez peut-être à c es remarques.

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