Quand le Théâtre de Carouge nous fait le coup de la panne…

L’affiche est alléchante: Cassagne, Auffair et quelques autres monuments du théâtre romand nous invitent à un inquiétant festin du côté du 57, rue Ancienne, où mets raffinés et meilleurs crus se succèdent dans une folle soirée qui voit d’anciens hommes de loi tourner en bourrique (à moins que ce ne soit en barrique..) ce bon Alfredo Traps, commis voyageur ordinaire au destin funeste.

Délicieuse fable sur le sentiment de culpabilité, «La Panne» de Dürrenmatt se révèle plus pertinente et utile que jamais en ces temps agités, où les notions d’identité et de justice sont poussées dans des retranchements confinant à l’absurde.

Quand la justice privée (par opposition à la justice étatique) rétablit la peine de mort et conditionne l’identité de l’accusé en fonction de son crime supposé, l’issue ne peut être que fatale.

L’engrenage est implacable et la chute est sublime de perfection puisque l’accusé construit son propre réquisitoire et finit par exécuter lui-même la sentence. Ou comment donner du sens à une panne… de morale. Avec un soupçon d’humour noir!

Pour le surplus, quel élève genevois n’a pas lu «La Panne» dans le cadre de son cursus scolaire, en version originale bien sûr? Voir ou revoir cette pièce quinze ans après sa matu, c’est cultiver le goût des plaisirs exigeants contracté au collège. Et c’est surtout comprendre avec recul ce qui, à l’époque, apparaissait peut-être comme un pensum laborieux. Merci l’école genevoise!

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