Que faites-vous de vos anciens téléphones?

Ils ont l’air inoffensifs pour notre environnement. Nos téléphones mobiles, ordinateurs, lecteurs MP3 et appareils électro-ménagers ont pourtant un impact toujours plus lourd sur notre planète. Leur destin post mortem, devenu un des enjeux essentiels de la gestion des déchets, dépend de nos gestes quotidiens.

A Genève, la Voirie collecte chaque année 500 tonnes d’appareils électroniques et électriques usagers. Comme moi sans doute, vous trouverez ce chiffre incroyablement élevé. A l’échelle mondiale, plus de 40 millions de tonnes de ces «e-dechets» sont traités par année. Et c’est sans compter avec les millions de tonnes qui échappent au recyclage pour finir dans les poubelles ou les dangereuses décharges clandestines en Inde ou en Chine.

Notre pays est précurseur en matière de retraitement de cette génération de déchets. Depuis plus de quinze ans, une taxe de 70 centimes est perçue à l’achat pour financer la filière de collecte et de recyclage. La loi oblige le consommateur à déposer, gratuitement, ses appareils usagers chez un commerçant, fabricant, importateur ou dans une entreprise d’élimination. Pourtant, je constate régulièrement que cette obligation n’est pas suffisamment connue.

S’il appartient aux pouvoirs publics de développer la filière de traitement, seule une prise de conscience et une responsabilisation individuelle permettront de bannir ces appareils de nos poubelles. Je sais que nous en sommes capables, et à Genève plus qu’ailleurs : la sensibilisation qui a permis de développer le tri des déchets ménagers l’atteste.

En amont, ce sont nos habitudes de consommation qu’il s’agit d’interroger. Notre rythme d’achat effréné, dopé par les offres des opérateurs, se justifie-t-il vraiment? Rien qu’en Suisse, plus de 8 millions de téléphones remplacés dormiraient dans des tiroirs. Et même si le taux de revalorisation de nos anciens mobiles est cinq fois plus élevé que la moyenne mondiale, seul un appareil sur six est recyclé dans notre pays.

A nous de prendre conscience que nos appareils ne cessent pas complètement de vivre au moment où on les débranche.

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